admin 2 octobre 2017

Les jeux d’argent sur internet ont le vent en poupe. Mais depuis quelques années, il semble que le poker en ligne soit sur le tapis. Un nombre de joueurs en baisse, une rentabilité qui n’est plus celle des premières années… Zoom sur la situation.

 

Poker en ligne : un démarrage sur les chapeaux de roues

La France donne le feu vert au poker en ligne en avril 2010. Chaque semaine, ce sont environ 247 000 joueurs qui prennent le tapis vert virtuel d’assaut. D’ailleurs, un grand nombre de ces joueurs étaient déjà inscrits sur des sites clandestins. Du coup, la légalisation du poker en ligne s’est présenté comme une véritable aubaine. Les sites de poker en ligne voient rapidement leur chiffre d’affaires exploser. En 2011, ce sont 300 000 joueurs par semaine qui sont actifs sur ces sites. Un véritable record qui ne laisse pas présager le déclin.

Une dégringolade effrénée

La croissance de la première année s’essouffle. L’Arjel enregistre des chiffres en baisse constante, de quoi inquiéter les sites de poker en ligne.

Les investissements dans les cash games sont passées de 6,5 milliards d’euros en 2011 à moins de 4,5 milliards d’euros en 2014. Rappelons qu’en cash game, l’internaute peut abandonner la partie au moment de son choix. Les tournois souffrent moins de cette baisse mais ils ne génèrent “que” 1,5 milliard d’euros dans le courant de 2014.

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Concrètement, le poker en ligne enregistre des pertes de 35,9 millions d’euros en 2012. L’année 2013 est moins catastrophique mais les pertes s’élèvent encore à 9 millions d’euros, poussant de nombreux acteurs du marché à se retirer.

Début 2017, l’Arjel publie un bilan sur la santé du poker en ligne du dernier trimestre 2016. Le cash game a connu des pertes beaucoup moins conséquentes (0,4%) qu’aux trimestres précédents, avec en bonus une timide progression au mois de décembre. Mais cela ne suffit pas à redresser la situation puisque le recul annuel est encore de l’ordre de -5%.

Pourquoi un tel déclin ?

Des mises moins conséquentes vont de pair avec un nombre réduit de sites de poker en ligne. Cela va sans dire que les chiffres d’affaires sont bien loin de ce qu’ils étaient entre 2010 et 2011. L’explication première serait la retombée de l’effet de mode.

A cela s’ajoute la crise économique. Il semble que le budget serré des ménages français freine cette propension à “gaspiller” de l’argent sur des sites de poker. La concurrence illégale n’arrange pas la situation. Même si 833 sites ont été mis en conformité et 36 autres ont vu leur accès à internet bloqué (2013), la clandestinité n’est pas éradiquée.

Et puis, la France met une barrière entre ses joueurs et les sites étrangers non-agréés. Les internautes français se lancent donc dans des parties de poker entre eux. Les joueurs étrangers ne peuvent plus miser à cause de ce blocage et l’impact s’en ressent.

Pour couronner le tout, la France n’autorise que peu de variantes du poker. Les joueurs français ont de ce fait tendance à privilégier les sites étrangers, considérés comme plus attractifs.